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La demande de plus en plus forte d’espaces « no kids » est une demande bien légitime, si l’on prend la peine de s’intéresser aux raisons réelles derrière cette demande a priori scandaleuse surtout lorsqu’on est soi-même père ou mère.
Car derrière cette demande, il n’y a pas une méchante ou une satanique haine des enfants, mais un rejet absolument normal de la non-éducation « donnée » par certains parents à leur progéniture.
Même s’il existe des cas marginaux et très exceptionnels, les enfants qui insupportent les voyageurs, les clients des restaurants, les visiteurs de tel ou tel lieu ou monument, ou tout simplement les usagers de l’espace public, sont le fruit de ce que leurs parents en font, et le moins que l’on puisse dire c’est que la mode du laisser-faire et de l’émerveillement devant le chahut de ses propres enfants est une catastrophe pour le vrai vivre-ensemble et, plus dramatique, pour la construction de l’enfant, ce futur adulte, et son rapport à l’autre, à la courtoisie, au respect, à la politesse, aux bonnes manières, bref, à tout ce qui sépare l’homme du macaque et qui ne s’apprend qu’en étant éduqué, et donc parfois corrigé, par ses parents.
On peut difficilement reprocher à des enfants leur éducation. Tout est de la faute des parents, qui s’acharnent à baigner leur descendance dans la médiocrité, les écrans, la malbouffe, la surconsommation et qui s’interdisent, soi-disant par volonté délibérée mais en fait par fainéantise et/ou par nombrilisme exacerbé, de reprendre leurs enfants, d’élever la voix, ou tout simplement de comprendre que le reste de l’humanité n’a pas vocation à avoir le même amour pour les « petites bêtises » et le mauvais comportement public de leurs chérubins.
Cette incapacité à comprendre les rouages élémentaires de la vie en société est une régression plus sérieuse et plus brutale qu’il n’y paraît, car ce qui est menacé c’est notre art de vivre qui repose sur la bonne entente collégiale et l’intelligence collective, avec en bout de chaîne une société qui ressemblerait tout entière à ce que sont les abords du canal Saint-Martin avec les pré-ados dégénérés qui nous offrent un avant-goût d’une France non éduquée, impolie et, car tout est lié, profondément stupide.
C’est tout cela que révèle la demande de plus en plus récurrente d’espaces « no kids », et c’est la grande faute des parents permissifs. Les enfants sont, ironiquement, finalement étrangers à ce processus.