Le film Nuremberg, sorti en salles l’année dernière, promettait un duel psychologique de haute volée entre le personnage du psychiatre interprété par Rami Malek, et le personnage d’Hermann Göring interprété par Russell Crowe.
Ce film est intéressant à plus d’un titre, tout d’abord parce qu’il touche au sujet interdit dans nos contrées depuis la loi judéo-communiste Fabius-Gayssot du 13 juillet 1990 : le national-socialisme.
Ensuite, en laissant la parole à (la vision étasunienne d’) Hermann Göring, James Vanderbilt donne au spectateur accès à une version de l’Histoire à laquelle il n’a pas droit d’habitude, avec notamment une tirade (devenue virale l’année dernière) sur le fait que la différence entre le IIIème Reich et les USA n’est pas que l’un soit plus moral que l’autre, mais que l’un ait vaincu l’autre, ce qui relativise le côté « les gentils contre les méchants », mais le film ne développe évidemment pas plus loin que cette tirade ce sujet pour le moins sulfureux.
Enfin, entre autres choses, le film insiste sur un point très important du procès : le sujet de la « solution finale », sa compréhension et sa traduction. Une controverse sur laquelle il est aujourd’hui interdit d’exprimer une opinion (en France) sous peine d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.
Evidemment, ce film reste une production antifasciste, avec notamment une séquence de larmes devant le récit d’un déporté, la disqualification de Göring qui est présenté comme un drogué narcissique incapable de dire du mal d’Adolf Hitler uniquement parce qu’il serait si orgueilleux qu’il refuserait de se dédire, et une justification de l’existence du Tribunal Militaire International de Nuremberg, alors même que nombre de juristes – anglais et étasuniens notamment – avaient vivement critiqué cette parodie de justice (des vainqueurs) en leur temps, certaines de ces critiques étant notamment compilées dans l’indispensable ouvrage Nuremberg ou la Terre promise écrit par Maurice Bardèche en 1948.
Dans ce film qui raconte comment il est indispensable que le régime national-socialiste soit condamné pour que plus jamais un gouvernement ne se livre à la barbarie (prière d’arborer une mine contrite), il n’y a absolument rien – pas même une tirade – à propos de la participation au procès du régime le plus sanguinaire que la terre ait jamais porté : l’URSS.
Que les communistes soient juges dans un procès international contre la tyrannie est pourtant une situation tragicomique qui ne devrait pas passer inaperçu… mais le film étant un énième long-métrage d’avertissement contre « les heures les plus sombres de notre histoire du bruit des bottes du ventre fécond de la bébête immonde », cette situation tragicomique est tout simplement ignorée.
Mais ce que le réalisateur du film n’oublie pas, c’est de « pisser sur le nazisme hihihi ». Le film s’ouvre en effet sur un soldat étasunien qui urine sur une croix gammée, et se termine sur l’urine qui s’écoule du corps d’un nazi pendu. La boucle scatophile est bouclée, et pendant ce temps-là, on n’a pas appris grand-chose sur la supériorité morale des « Alliés ».