La gauche dite « de gouvernement » s’élève contre la répression (toute relative…) subie par les « mobilisations » « lycéennes » (les deux termes méritent des guillemets) et y voit une atteinte grave au droit de grève, comme si celui-ci était un droit inaliénable et naturel.
Je renvoie au « réquisitoire contre le droit de grève » tiré du « procès de la démocratie » de Jean Haupt, un intellectuel qui doit (re)devenir et demeurer une référence intellectuelle pour l’ensemble de la droite française. Jean Haupt disait ceci : la grève est illégale, injuste et immorale, anormale et illogique, antisociale et inhumaine, antinationale.
La grève est illégale :
« Un des principes fondamentaux du droit des communautés civilisées est qu’aucun individu, ou groupe d’individus, n’a le droit de se faire justice par ses propres moyens. Il existe pour cela des tribunaux, dont la sentence est définitive et obligatoire. […] Sanctionner le droit de grève, c’est exactement la même chose que sanctionner le droit à la révolution. »
La grève est injuste et immorale :
« La grève, avons-nous dit, est une manière de se faire justice par ses propres moyens. Mais quels moyens ? Les plus vils, les plus ignobles et les plus injustes : la violence et le chantage, un chantage qui ne s’exerce pas seulement directement sur l’employeur, mais qui affecte encore et surtout, indirectement, des catégories de la population qui, le plus souvent, n’y sont absolument pour rien. »
La grève est anormale et illogique :
« De deux choses l’une : ou bien les revendications des grévistes sont justes et (car cela ne suffit évidemment pas) peuvent être satisfaites sans péril pour l’économie de l’entreprise ou du pays, et alors, dans un Etat bien organisé, la grève n’a pas de raison d’être, et ces revendications doivent être satisfaites ; ou bien les revendications sont injustes, ou ne peuvent être satisfaites, et alors la grève ne peut être tolérée. Quoi qu’il en soit, la grève est une situation anormale, un état d’émeute, de révolte, de rébellion ; elle ne peut donc être érigée en un droit. »
La grève est antisociale et inhumaine :
A propos des entraves que les grèves et les grévistes font subir aux autres citoyens et aux autres travailleurs : « La grève est un symptôme de ce que nos sociétés ont perdu jusqu’à l’instinct de conservation. Et quand une société perd l’instinct de conservation, elle n’est pas loin de la ruine. En fait, tout acte est inadmissible, et intrinsèquement immoral, qui, généralisé et poussé jusqu’à ses ultimes conséquences, conduit à une absurdité. Tel est le cas de la grève. »
La grève est antinationale : Car elle « se traduit par une baisse de la production ou des services, et donc, en fin de compte, par une perte pour l’économie nationale […] ».
Le « droit à la grève » ou le « droit de manifester » que soutient la gauche est un « droit » de nuire à autrui et à la nation, il n’a donc aucune légitimité.