Un message salutaire de Raphaël Ayma, de Tenesoun, à propos d’une nouvelle mode désastreuse :
« À un moment, il faut que quelqu’un, chez nous, dise quelque chose, donc je m’y colle : se faire sciemment bolosser en boucle n’est pas une bonne STRATÉGIE POLITIQUE.
J’écris cette critique sans hostilité (et en sachant qu’elle peut me coûter médiatiquement), mais elle est nécessaire. Il y a derrière Frontières une très mauvaise culture qui s’est installée de la « vidéo-victimisation ». On avait un problème similaire lors de la campagne de 2022 avec Gen Z, qui partageait en boucle des vidéos d’agressions / bolossages de ses militants.
Je sais pourquoi les médias et influenceurs de droite font ça : les likes d’indignation sur les réseaux sociaux sont tentants. On a l’impression de faire une « bonne affaire » politique, de diaboliser la gauche. Mais derrière les chiffres des RS, il y a la réalité politique. Et ces vidéos en boucle ont un coût sévère sur notre image. Quand les gens viennent vers nos idées, ils cherchent un redressement du pays, de l’ordre, une promesse d’autorité, de force. Se donner une image de victime en mettant excessivement en avant nos défaites dégoûte une énorme partie de nos sympathisants. Vous indignez peut-être quelques boomers et centristes, mais vous perdez probablement dix jeunes qui cherchent des figures de puissance.
Avoir des problèmes avec les antifas arrive à tout le monde. J’ai été attaqué deux fois par eux et je n’en ai jamais parlé ici, par principe de fierté. J’ai une maigre audience qui me suit, et ce que je veux lui transmettre, c’est l’énergie d’agir et de combattre, pas la peur de militer.
Pour connaître la réalité du terrain militant : le problème ne vient pas de la lâcheté des journalistes de Frontières, mais de la MAUVAISE ORGANISATION. Vous venez sans sécurité, sans service d’ordre, vous vous jetez dans la gueule du loup. Ça ne serait pas problématique si ça ne nous desservait pas collectivement.
Je prends le format dans les facs de Lino (que j’ai rencontré lors de son passage à Aix et à qui j’avais partagé mes inquiétudes) : il y a une volonté de faire du « Charlie Kirk français » sans comprendre la démarche de Kirk. Kirk venait dans les facs américaines pour y rassembler des sympathisants. Il se donnait une position de supériorité. Il voulait y décomplexer la parole de la droite et il y arrivait. Il occupait l’espace. La démarche de Lino — qui se fait attaquer systématiquement à chaque déplacement parce que personne ne l’escorte — envoie le signal INVERSE. Vous répandez juste l’image que, justement, nous ne sommes pas à notre place dans les facs, qu’on s’y fera chasser systématiquement. Ce qui, en plus d’être un mensonge, est un poignard dans le dos d’un certain nombre de militants.
Des gens comme la Cocarde « tiennent le pavé » dans des facs remplies d’hystériques gauchistes en prenant des risques énormes. Je suis persuadé, par exemple, que la récente agression de Lino à Caen a nui politiquement à la Cocarde, en plein milieu des élections universitaires.
Je suis passé du communisme à « l’extrême droite » à 18 ans parce que, en partie, toute une production culturelle (influenceurs et tutti quanti) faisait passer la gauche pour des bouffons auxquels je refusais de m’identifier. Je ne suis pas certain que, dans l’état actuel de l’influencing de droite sur Internet, j’aurais pensé la même chose.
Je vous prie d’entendre ma critique et de ne pas y voir une volonté de buzz. Je nous sais du même côté de la barricade, mais il est nécessaire de l’exprimer, car je crains que cette stratégie n’ait de graves conséquences sur nous tous. »
Raphaël Ayma