Tuerie

Les premières lignes du dernier roman de l’infatigable Laurent Obertone annoncent on ne peut mieux la couleur. Jugez plutôt.

Il n’y avait plus de garde-fou. Un homme sans âge, échevelé et perdu, se présenta sur le balcon du dernier étage, à quatre-vingt-cinq mètres du sol. Il regarda vers le bas, comme pour s’assurer qu’il n’y avait pas de trucage. Puis il fit un pas en avant. Le corps bascula dans le vide, sans un mouvement, sans un cri. Trois secondes plus tard, il se fracassa contre le sol.

Des murmures, un silence. Nuque brisée. Tué net. Il n’y avait pas de trucage. Le vent du nord ronfla entre les immeubles. Une voix appela le suivant. Un vieillard apparut sur le balcon. Il était un peu plus de minuit. C’était le cinquante-septième. A son tour, il se laissa aspirer par le vide, et heurta le granit avec la même violence folle, dans un bruit de gobelet qu’on écrase.

Aboubakar, premier calife de Seine-Saint-Denis, avait décidé de se débarrasser de tous les kouffars de sexe masculin, adultes et enfants – on épargnait pour l’instant les femmes. Et les kouffars attendaient leur tour, sagement massés au pied de cette barre, la plus haute des quartiers enrichis. La cité Taubira.

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